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Compte rendu de la réunion des linguistes du 10 septembre 2011 consacrée à la nouvelle épreuve de langue du concours Centrale-Supélec

samedi 10 novembre 2012, par Christophe Repplinger

 Compte-rendu de la réunion du 10 septembre 2011 consacrée au concours Centrale-Supélec Epreuves de langues et de français Lycée Saint-Louis , 44 boulevard Saint-Michel, 75006 PARIS 14h-16h30

Etaient présents :
- MM les représentants du Concours Centrale-Supélec :
- M Norbert Perrot, Doyen de l’inspection générale de Sciences de l’Ingénieur, Président du jury du Concours Centrale-Supélec
- M Jean-Philippe Rey, Professeur à l’Ecole Centrale, secrétaire général du Concours Centrale-Supélec.
- Mme Anne Armand, Inspectrice générale de lettres
- Mme Josée Kamoun, inspectrice générale d’anglais
- M Joseph Philipps, inspecteur général d’allemand
- MM Dominique Giovacchini, Véronique Anglard, Alain Le Gallo et Geneviève Winter, correcteurs et coordinateurs de l’épreuve de rédaction.

- MM les membres du bureau de l’UPLS.

- MM les professeurs de classes préparatoires ayant répondu présent à l’invitation (environ 120 professeurs de Lettres et de Langues de CPGE)

 I . Propos introductif de MM les représentants du Concours Centrale-Supélec, répondant à l’invitation de l’UPLS.

M. Norbert Perrot, Doyen de l’Inspection Générale de SI et Président du concours Centrale-Supélec, est le premier à prendre la parole. Il souligne que son rôle est de faire en sorte que les épreuves du concours valident les compétences recherchées par les directeurs des écoles. En ce qui concerne l’épreuve de français, sa spécificité sera conservée et il n’y a pas de volonté de l’aligner sur les autres concours. Il ne s’agit pas pour le concours Centrale d’évaluer les mêmes compétences que les autres concours. Dans tous les cas, il est affirmé que c’est l’aval qui pilote l’amont.

Mis en cause cet été au sujet des notes attribuées à l’épreuve de français, les responsables du concours ont répondu à toutes les lettres qui leur ont été envoyées, mais n’ont pas jugé opportun de répondre à une lettre ouverte publiée par un groupe sur Facebook.

Des éclaircissement sont ensuite donnés sur le système de notation par M Jean-Philippe Rey. Il est rappelé qu’il s’agit d’un classement relatif d’une prestation à un moment donné, et que l’étalement des notes est donc plus significatif que la moyenne. Les notes vont de 0 à 20 pour toutes les épreuves. La direction du concours est consciente de la valeur des candidats, mais également du risque de démotivation que peuvent engendrer les notes les plus basses. Une réflexion est engagée sur ce problème.
Interrogé sur le système de péréquation, M Norbert Perrot répond que les copies sont aléatoirement réparties entre les correcteurs, puis subissent un test d’écart visant à vérifier si les notes sont suffisamment étalées, et enfin subissent une péréquation dont le but est d’obtenir un étalement de 0 à 20 et qui peut donc aboutir à des notes au dixième.

L’auditoire étant fort nombreux et les enjeux spécifiques par discipline, décision est prise de le répartir en trois groupes distincts : Anglais, Allemand et autres langues , Lettres .

 II. Réunion spécifique à la nouvelle épreuve de Langues (synthèse de documents) Anglais.

La réunion se poursuit par l’intervention de Mme Josée Kamoun, Inspectrice Générale d’anglais, qui déclare d’emblée que l’amont pilote certes l’aval, mais qu’encore faut-il que l’amont soit en mesure de répondre à la demande. Le problème de l’épreuve de version impose à l’amont de fonctionner en français et d’y consacrer la moitié des deux heures de cours dont les professeurs disposent pour préparer les candidats. C’est pourquoi il paraît plus profitable pour les candidats comme pour les préparateurs de travailler sur une épreuve totalement en anglais. Par ailleurs, il est indispensable d’adapter l’épreuve aux réalités de la profession d’ingénieur, qui fait de plus en plus appel aux qualités de communication, notamment lorsqu’il s’agit de se tenir informé par la presse de l’actualité de leur domaine de spécialisation ou de l’actualité générale. Jusqu’ici, les candidats étaient bien préparés à cela à l’oral. L’épreuve de synthèse vise à présent à développer des qualités similaires à l’écrit.

Pour cette nouvelle épreuve, aucune connaissance culturelle pointue n’est nécessaire, et si jamais une référence précise apparaît dans un texte, elle sera accompagnée d’une note. Il s’agit tout d’abord pour les candidats de dégager une problématique (point central de l’évaluation) à partir de documents d’origine et de nature différentes (article, roman, poème, doc. iconographique, schéma, graphique). Ceci est d’autant plus nécessaire que la problématisation est ce qui pose le plus de problèmes aux candidats à l’oral. En aucun cas le candidat ne doit donner son opinion. S’il c’était le cas, cela amènerait le concours à éviter de nombreux sujet polémiques. Du point de vue méthodologique, le copier-coller est à proscrire et les citations sont à éviter, même s’il est possible de reprendre les mots-clés des articles. En revanche, il n’est pas indispensable de faire référence aux articles.

La réunion se poursuit avec l’intervention de deux professeurs de classes préparatoires présentant leurs travaux.

Mme Sylvie Prüfer, Professeur d’anglais en Classes Préparatoires au Lycée Stanislas de Cannes, présente la fiche méthodologique qu’elle a mise au point pour ses étudiants.

Mme Catherine Le Parc, Professeur d’anglais en Classes Préparatoires au Lycée Janson-de-Sailly de Paris, présente également une fiche méthodologique, ainsi que plusieurs sujets qu’elle a conçus, accompagnés d’une mise en oeuvre de cours et de leurs corrigés. (cf documents joints figurant dans la partie “adhérents” du site. L’UPLS remercie très chaleureusement les collègues qui ont fait un travail remarquable pendant l’été et l’ont mis spontanément à la disposition de tous dès la rentrée.)

D’autres sujets concus par des collègues présents à cette réunion sont également distribués à l’assistance, dans un esprit d’échange et d’aide mutuelle.

La dernière partie de la réunion prend la forme de questions/réponses, dont il ressort que :
- il est possible qu’un des documents soit un poème, dont il ne s’agira pas de mettre en relief les aspects littéraires, mais de faire ressortir l’idée ou les idées principales
- il peut être utile de souligner le point de vue adopté par un document
- on peut considérer certains documents comme principaux et d’autres secondaires, si bien qu’un candidat ne devra pas passer autant de temps ni consacrer autant de mots à un texte d’une page qu’à un graphique ou un document iconographique
- même s’il peut être utile de percevoir le ton d’un document, la synthèse ne doit pas forcément y faire référence
- un conclusion n’est pas indispensable, mais il peut être intéressant de terminer par “une phrase de prise de congé”, bien formulée, courte, élégante et frappante
- en ce qui concerne la place accordée au fond et à la forme, la notion de qualité du message mise en avant par le Cadre européen permet de saisir les attentes du jury : il s’agit de se demander ce que “j’ai compris du message et d’évaluer le résultat final global dans sa communicativité”. On ne peut pas exprimer une compréhension fine des textes dans une langue balbutiante. Il faut se demander dans quelle mesure les fautes gênent la transmission du message. A contrario, la richesse de reformulation, la diversité et la pertinence des moyens mis en oeuvre seront évaluées positivement.
- le titre donné par le candidat doit être informatif ; les jeux de mots, les titres accrocheurs sont à proscrire
- il n’est nul besoin d’annoncer un plan : si la problématique est bien posée, le plan est évident
- il convient d’éviter de renvoyer aux documents par des numéros (Doc1, Doc 2, etc.)
- il convient d’éviter les synthèses totalement abstraites ne faisant pas du tout référence aux documents
- les formules toutes faites ont leur utilité, mais il s’agit de les dépasser au cours d’un apprentissage rhétorique

Mme Josée Kamoun conclut la réunion en évoquant un projet de réforme de l’épreuve orale (qui consisterait alors en une épreuve de compréhension-restitution suivie d’un entretien), et en indiquant quelle place accorder dorénavant à la version en classe (travailler sur des textes courts d’une dizaine de lignes illustrant des procédés de traduction, corriger quelques copies sur la base du volontariat, le but étant que les élèves sachent comment fonctionne la traduction et que cela prenne le moins de temps possible sur le cours).

 III. Compte rendu de la commission langues (Allemand, Espagnol, Arabe) Intervention de M. Joseph PHILIPPS, inspecteur général d’allemand.

A titre d’introduction, M. Philipps commence par une citation de Claude Bernard : « La synthèse reconstitue ce que l’analyse avait séparé ». Puis il reprend les grandes lignes du document publié par Centrale sur les modalités de la nouvelle épreuve écrite. Il donne un certain nombre d’indicateurs pour guider les professeurs dans la préparation de cette épreuve :

1)Le sujet sera composé de 4 documents au plus et 3 au minimum, dont le volume global n’excédera pas 4 pages A4 .

2)Les textes seront de nature hétérogène (factuel, informatif, argumentatif, chronologique) avec des points de vue semblables, opposés ou complémentaires. Cette diversité pourra s’illustrer par la présence de document iconographique (schéma, photo, statistique…) qui fera écho aux documents écrits.

Il n’est pas attendu des candidats qu’ils aient des connaissances pointues dans des domaines spécialisés. L’excès de technicité est exclu. Cependant, les étudiants doivent avoir des repères culturels élémentaires pour aborder le sujet. Ils doivent être « ouverts au monde » et ils auront à traiter des problèmes sociaux, économiques, sociologiques, humains etc... Les entraves sur les particularités non exigibles seront levées par des notes ou notices, rédigées en langue étrangère. Par exemple, M. Philipps reconnaît que dans le sujet 0 proposé sur le site de Centrale à titre indicatif pour l’allemand, il aurait fallu indiquer dans une note ce qu’est la « Spiegelaffäre », dont il est question dans un des articles. En revanche, il a réfuté l’argument d’une collègue concernant la notion de « Hartz IV » qui fait partie selon lui des connaissances de civilisation que doivent avoir les étudiants. Par ailleurs, les candidats doivent faire preuve de discernement dans leurs repérages et savoir distinguer l’anecdote de l’essentiel. M. Philipps fait référence notamment au style du « Spiegel » qui procède souvent dans ses articles par le récit d’un cas particulier pour introduire et illustrer la problématique développée ensuite dans l’article.
A été évoqué aussi l’utilisation d’un dictionnaire unilingue qui a pour l’instant été rejetée par la direction des concours, car trop difficile à gérer pour des raisons de fraude potentielle.

M. Philipps a insisté sur le fait que la synthèse est un exercice de communication : le candidat doit faire comprendre l’essentiel de ce qui est contenu dans les documents, en évitant les écueils suivants :

- ne pas prendre position personnellement
- ne pas injecter d’informations supplémentaires ou des connaissances personnelles : l’exercice n’est pas un « déversoir » !
- ne pas faire de « copier-coller » : inviter les étudiants à reformuler (entraîner les étudiants en cours à la reformulation)

M. Philipps conseille aux professeurs de faire consacrer au moins une heure sur les quatre heures de l’épreuve à la lecture attentive des documents et aux repérages.

Sylvie Prufer, collègue d’anglais à Stanislas Cannes, est intervenue pour présenter son travail de méthodologie pour aborder la synthèse. Ce document sera mis en ligne sur le site de l’UPLS. La question de la répartition des points pour l’évaluation a été soulevée. Il semble à beaucoup de collègues que l’attribution de 5 points/20 au titre et à la problématique introductive soit exagérée par rapport à l’évaluation de la qualité de l’expression qui ne serait que sur 5pts/20. Sylvie Prufer répond qu’elle n’a fait que reprendre la grille d’évaluation donnée par Centrale.

Elle a laissé ses coordonnées pour les collègues souhaitant la contacter et échanger sur son travail :

sprufer@stanislas-cannes.com

Une autre question a été abordée : la réforme de « Mines-Ponts » imposant un oral d’anglais obligatoire si la LV1 choisie n’est pas l’anglais à partir de 2013. Les professeurs d’allemand craignent une nouvelle hémorragie de leurs effectifs. Certains collègues font part de la mise en place dans leur établissement (à St Louis par ex), où les professeurs de langues se sont concertés et ont renoncé à 3h de khôlle par élève sur l’année pour débloquer des heures dédiées à la préparation de l’oral d’anglais, ce qui semble avoir « limité la casse ». L’autre problème soulevé est celui de l’inégalité constatée dans cette nouvelle situation. En effet, les candidats se présentant à l’oral des Mines, passent le même oral sans distinction LV1 / LV2, ce qui veut dire que les candidats présentant une autre langue que l’anglais en LV1à l’écrit passent cet oral en qualité de LV2 et sont en compétition avec des LV1. M. Philipps rassure les professeurs en affirmant que les autres écoles ne suivront pas cette réforme de « Mines-Ponts ». Beaucoup d’autres écoles d’ingénieurs insistent sur les 2 langues vivantes.

Pour conclure, M. Philipps est confiant dans l’évolution des épreuves écrites des concours aux écoles d’ingénieurs.

Compte-rendu rédigé par Christophe Repplinger, professeur d’anglais en Classes Préparatoires au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur, Brigitte Duconseille, professeur d’allemand en Classes Préparatoires au lycée Stanislas de Paris pour l’ UPLS.

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