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Compte rendu de la rencontre avec le jury e3a du 15 octobre 2008

lundi 17 novembre 2008

 Propos préalable

- A la session 2008 du concours e3a, 10 748 étudiants se sont présentés contre 10 227 l’an dernier (environ moitié moins que CCP).
1995 places étaient proposées par les écoles du concours, ce sont finalement 1679 étudiants qui ont intégré.

- La question des langues vivantes a été curieusement au centre de la discussion préalable aux réunions par matière.
Il y a quelques années déjà, bon nombre de nos collègues scientifiques s’étaient élevés sur la manière d’enseigner les langues – chacun y allant de son conseil, de sa recette (nous n’oserions certes pas intervenir ainsi sur les contenus de maths, physique).
Comme l’an dernier, c’est cette fois la question de l’épreuve supplémentaire de langue vivante, tendant à rendre l’anglais obligatoire pour tous, qui a été soulevée.
Comme l’an dernier, elle n’est pas résolue et ne sera donc pas effective à la session 2009 comme il en avait été préalablement question. Un projet de partenariat avec les CCP pour mise en commun de cette épreuve (organisation, coûts) a dû être abandonné début octobre 2008 – et au moins pour cette année - pour « impératifs de développement en termes de réglementation », raison de délai et raison technique donc, semble-t-il.
La date de mise en place d’une deuxième épreuve de langue est donc reportée sine die.
Mais la volonté subsiste de mettre en place une épreuve obligatoire d’anglais, motivée par la demande des écoles qui remarquent que 1 à 5 étudiants sur 100 en moyenne sortent des écoles d’ingénieur sans leur diplôme faute d’avoir obtenu le score suffisant au TOEFL ou au TOIC, le succès à cette épreuve internationale est en effet obligatoire pour l’obtention du titre d’ingénieur actuellement.
Certains directeurs d’école présents évoquent la surestimation des mathématiques dans la formation des ingénieurs en France alors qu’ils estiment que l’anglais est essentiel et la connaissance d’une autre langue (l’allemand – plus rare – et plus recherché) un atout.

 Réunion langues vivantes

- La réunion était animée par le responsable de l’organisation du concours e3a écrit pour toutes les langues, Monsieur Mertz, collègue germaniste enseignant à l’Ensam de Metz et Madame Moosmann, qui enseigne l’anglais à l’Ensam Paris et est chargée des oraux.
Outre l’UPLS, seule une collègue d’espagnol était présente et un directeur d’école – non linguiste - intéressé par la question.
Il faut bien faire savoir que tous les collègues qui préparent leurs étudiants au concours sont conviés à cette réunion où l’on apprend beaucoup sur l’esprit et les modalités du concours et où les organisateurs sont ouverts à toutes les questions.

- Epreuve écrite
Les deux animateurs notent pour la session 2008 une plus grande hétérogénéité dans le niveau des candidats, et enregistent une baisse globale de 0,5 point pour la partie écrit.
Les correcteurs - qui enseignent dans le supérieur majoritairement, (université ou école d’ingénieurs) et sont au nombre de 28 pour l’anglais, 5 pour l’allemand, 2 pour l’Arabe et autant pour l’espagnol – relèvent que les candidats manquent souvent des connaissances fondamentales, de vocabulaire simple.
Ils ont remarqué une augmentation du nombre de copies inachevées ou incomplètes, de très nombreux candidats ne rendant tout simplement pas une des trois parties de l’ épreuve - Version, Essai et Thème grammatical - chacune de ces parties compte pour vingt points sur un total de 60.

  • Version
    La texte choisi pour la version est lié à des thèmes classiques dans les classes préparatoires scientifiques, avec une tonalité volontairement plus générale, pour éviter une référence trop précise à l’actualité qui pourrait être pénalisante pour les candidats n’étant pas au courant du point dont il est question en sous texte.
    Il comprend des passages plus faciles pour être accessible à tous et une ou deux phrases plus difficiles permettant de mettre en valeur les candidats capables de s’en sortir le mieux.
    Il est noté que de nombreux candidats sont handicapés par un manque de vocabulaire, repèrent mal les pluriels et les singuliers, que trop de traductions se contentent d’être un mot à mot dénué de sens, signe d’un manque de véritable compréhension globale du texte.
    De nombreux candidats ont visiblement du mal à trouver les unités de sens.
    La correction du français est souvent insuffisante – il faut recommander encore et encore aux étudiants de relire le texte français produit à partir du texte original en tant que texte autonome une fois la traduction effectuée.
    La non traduction de certains passages n’est pas exagérément pénalisante, puisqu’il est attribué à chaque paragraphe un nombre maximum de points faute déterminé par l’ensemble des correcteurs lors de la réunion d’harmonisation.
  • Essai
    L’énoncé de l’essai s’appuie sur le sujet abordé dans la version.
    Pour l’essai, il est noté une certaine aisance pour bon nombre des étudiants qui ont composé.
    La notation attribue un tiers des points à la qualité des arguments et à la capacité à les exprimer dans un ensemble cohérent, un deuxième tiers porte sur la capacité linguistique, la qualité et la richesse de la langue utilisée ; le dernier tiers est fonction de la correction grammaticale, elle évalue de façon plus négative si la langue est trop manifestement incorrect.
  • Thème grammatical
    Chacune des vingt phrases à traduire comporte en moyenne 11 mots et teste plusieurs difficultés grammaticales.
    Le niveau de difficulté est varié, plusieurs propositions sont en général possibles et les correcteurs regardent avec bienveillance toute traduction valable.
    Les candidats bien préparés à cette épreuve classique peuvent donc y gagner des points.

- Épreuve orale
Pour l’épreuve orale, commune à toutes les écoles e3a, les jurys sont au nombre de 8 pour l’anglais, de 5 pour l’allemand, de 3 pour l’espagnol, d’un seul pour le portugais, l’arabe et l’italien.
Les candidats ont un temps de préparation d’une quinzaine de minutes où ils prennent connaissance d’un texte enregistré de trois minutes, - il s’agit d’un article retoiletté, d’où sont retirés les mots ou passages trop difficilement compréhensibles d’un point de vue lexical ou culturel - et peuvent revenir librement sur les passages non compris.
Cette année, on a remarqué que les candidats (plus habitués sans doute à des technologies plus récentes) ne maîtrisent pas le maniement des cassettes, ne savent plus trouver les boutons aller et retour.

Pendant la quinzaine de minutes que dure l’entretien, les examinateurs attendent un résumé du document entendu – on juge alors le degré de compréhension, la capacité à dégager l’essentiel ; en cas de contresens, l’examinateur pose en général une question au candidat, destinée non pas à le déstabiliser, mais au contraire à revenir sur le point mal perçu pour lui permettre de se reprendre, de s’auto-corriger. Le résumé doit être suivi d’un commentaire, une discussion libre termine en général l’entretien, permettant d’aiguiller vers un autre sujet un candidat peu inspiré par le texte qu’il a à commenter et à voir ses capacités d’expression spontanée.

Encore une fois, on est frappé par la bienveillance du jury. Le souci de l’exigence et la nécessité de la sélection n’empêche pas en effet de donner toutes leurs chances aux candidats, d’autant que le niveau et les modalités des épreuves sont connus.

Catherine Taconet, pour l’UPLS

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